La transposition en bande dessinée de romans, de récits ou autre ouvrage littéraire est de plus en plus en vogue. Avec leur collection « Si l'opéra m'était dessiné », l'auteur Guy Delvaux et le dessinateur Antonio Ferrara souhaitent mettre en image les livrets des plus grands opéras du répertoire. Après l'adaptation d'Alcina, de Norma et de Thaïs vient la mise en image d'un autre opéra au rôle principal féminin – même si ici dans un rôle de travesti – Fidelio. Guy Delvaux a traduit et versifié le livret en français permettant une lecture en même temps que l'écoute. La disposition des bulles est claire et inventive, on peut facilement distinguer les airs et les ensembles ; elles envahissent cependant souvent trop l'espace. Le dessin à l'aquarelle d'Antonio Ferrara ancre les personnages dans l'époque de l'histoire avec des décors que l'on aurait espérés plus travaillés. Cependant, même si certains personnages comme celui de Rocco sont réussis, exprimant une grande palette de sentiments, d'autres sont plus stylisés, notamment le personnage de Fidelio